Fort du Château

Briançon


Description

Au 14e siècle, la construction médiévale, édifiée par les seigneurs Dauphins, comprend une muraille de 240 m de périmètre avec quatre tours, un gros donjon carré, un bâtiment de logement, une chapelle vouée à saint Étienne. L’ouvrage connaît un premier remaniement au début du 17e siècle, sous le duc de Lesdiguières (chef de l’armée protestante du Dauphiné qui a pris Briançon en 1590), avec l’adjonction, sur le front nord-est, d’un ouvrage à cornes (deux demi-bastions enserrant une courtine).
Lors de son premier voyage en 1692, Vauban donne cette description du château : "Le château est assis sur un rocher fort élevé au-dessus de la ville, naturellement escarpé…, sa vieille enceinte n’a que deux pieds et demi d’épaisseur, elle n’est point terrassée… les quatre tours sont assez bonnes (...) Il n’y a dans le château (...) qu’une grosse et vieille tour carrée de trois étages qui servent de magasins et d’arsenal, (...) un corps de garde, une citerne petite et assez mauvaise, deux ou trois vieux communs prêts à tomber en ruine, dix vieilles chambres de casernes et six de modernes, point de puits ni de latrines, une très mauvaise porte qui n’a ni planchette ni pont-levis..."
Vauban fait donc renforcer ce qui existe et ordonne des aménagements : une deuxième citerne, des latrines, des souterrains.
À son second passage en 1700, il envisage de le détruire plutôt que de le "rapetasser" : "Raser conséquemment tous les mauvais petits bâtiments ruinés et adossés contre le revêtement qui ne valent rien, la tour carrée qui sert de magasin, (...) la petite chapelle et tous les autres mauvais petits bâtiments gâtés et pourris, de même que le corridor qui n’est que de planchers pourris, vulgairement appelés casse-cous, et toutes les mauvaises échelles de bois à titre d’escaliers pour y monter, de même que les vieilles couvertures des tours, guérites, latrines, corridors qui sont usés et en grand désordre..."
Postérieurement à Vauban, propositions et contre-propositions se succèdent mais rien ne voit le jour avant le 19 siècle et la monarchie de Juillet. Entre 1845 et 1855, l’ouvrage médiéval est entièrement détruit. On construit des cavaliers, plateformes permettant de placer l'artillerie en hauteur. Des casemates, abris souterrains pour les canons, ainsi qu’une caserne sont aménagés. Depuis 1932, au sommet du fort, s'érige la "Grande France", une statue d'Antoine Bourdelle.
Le seul élément du fort du Château inscrit sur la liste du Patrimoine mondial est le magasin à poudre commandé par Vauban. Conçu pour abriter 60 tonnes de poudre noire, il se présente sous la forme d’un bâtiment rectangulaire, entouré d'un mur de protection. Voûté en berceau en plein cintre, il est épaulé de puissants contreforts. Deux fenêtres et une porte permettent l’accès et l’éclairage. L’espace intérieur est partagé en deux par un solide plancher de bois. Splendide panorama sur Briançon et l'ensemble fortifié au croisement des vallées. Une montée qui vaut le coup !

Informations

05100  Briançon
04 92 2029 49

E-mail :  patrimoine@mairie-briancon.fr
http://www.ville-briancon.fr