À la découverte des champignons de printemps dans le Briançonnais

Avec l’arrivée du printemps, la nature se réveille doucement dans les montagnes de Serre Chevalier & Briançon. Tandis que les premières fleurs percent la neige fondue, les sous-bois s’animent et offrent une autre richesse bien cachée : les champignons. Moins connus que leurs cousins d’automne, les champignons de printemps sont pourtant présents et méritent toute notre attention… et notre curiosité !

Une nature généreuse dès les premières chaleurs 

Dès la fin avril et tout au long du mois de mai, les sols humides, les talus exposés au soleil et les forêts de mélèzes du Briançonnais deviennent le terrain de jeu des amateurs de cueillette. Bien que la saison soit encore précoce, certains champignons font leur apparition dès que les conditions sont réunies : douceur, humidité et un peu de patience.

Observez la végétation autour de vous : la poussée des morilles coïncide souvent avec les premiers bourgeons sur les frênes et les éclosions de fleurs de sous-bois. La nature vous donne ses propres signaux — encore faut-il les lire.

Les principales espèces à observer (et parfois à cueillir !)

 🍄 La morille (Morchella) 

Star incontestée du printemps, la morille affectionne les zones humides, les anciennes coupes de bois ou les pentes bien ensoleillées. Dans les Hautes-Alpes, on trouve plusieurs espèces : la morille noire (Morchella elata), la plus précoce, apparaît dès avril dans les forêts de conifères et les coupes récentes jusqu'à 1 400 m ; la morille blonde (Morchella esculenta), plus fréquente pour les débutants, préfère les lisières et les vieux vergers entre 800 et 1 200 m.

Sa forme alvéolée si particulière en fait un champignon relativement reconnaissable… mais attention, elle a une sosie dangereuse (voir plus bas). Et quelle que soit la variété, elle doit impérativement être bien cuite avant consommation — crue, elle est toxique.

⚠️ La fausse morille (Gyromitra esculenta) — confusion à éviter absolument

C'est à intégrer dans votre vigilance printanière. La fausse morille pousse dans les mêmes biotopes que la morille, au même moment, et peut piéger les cueilleurs inattentifs. Pour la distinguer : son chapeau présente des replis cérébraux irréguliers (et non des alvéoles régulières), sa structure interne n'est pas entièrement creuse, et sa couleur tire davantage vers le brun-rougeâtre. Elle est hautement toxique, y compris après cuisson. En cas de doute, ne consommez rien et faites vérifier votre récolte.

 

🌲 L’hygrophore de mars (Hygrophorus marzuolus)

Aussi appelé “champignon des neiges”, il pousse parfois sous une fine couche de neige fondue. Il aime les forêts de conifères, notamment dans les alentours de Chantemerle et du col du Granon. Sa chair blanche et son goût subtil en font un mets délicat.

🌼 Le tricholome de Saint-Georges (Calocybe gambosa)

Réputé dans d’autres régions sous le nom de "mousseron de printemps", ce champignon pousse souvent en ronds dans les prairies montagnardes. On peut en repérer autour des hameaux perchés de la vallée, comme à Puy-Saint-André ou à Monêtier-les-Bains.

 

Une cueillette responsable dans un milieu fragile

Avant de partir panier en main, quelques règles essentielles :

  • Ne cueillez que ce que vous connaissez parfaitement. De nombreuses espèces toxiques peuvent ressembler aux comestibles - et le printemps est particulièrement traître avec la fausse morille.

  • Faites vérifier votre récolte. En France, les pharmaciens sont formés à la mycologie : n'hésitez pas à passer en pharmacie avec votre panier avant toute consommation. La Société Mycologique des Hautes-Alpes est également une ressource précieuse pour les amateurs locaux.

  • Méfiez-vous des applications smartphone. L'Ordre national des pharmaciens déconseille formellement de se fier aux applis de reconnaissance automatique, dont le taux d'erreur reste trop élevé pour des espèces potentiellement mortelles.

  • Respectez la nature. Ne grattez pas le sol inutilement, cueillez avec parcimonie, et évitez les jeunes champignons qui n’ont pas eu le temps de disséminer leurs spores. Secouer doucement le chapeau sur place avant la cueillette aide à la reproduction naturelle.

  • Respectez la réglementation . Certaines zones (comme les réserves naturelles) peuvent interdire la cueillette.Dans les Hautes-Alpes, la cueillette sur le domaine public est autorisée dans la limite de 5 kg par personne et par jour. Certaines zones (réserves naturelles du Parc National des Écrins) peuvent appliquer des restrictions spécifiques.

  • Attention aux vipères. Elles aussi sortent d'hibernation au printemps dans les mêmes secteurs de coteaux ensoleillés. Bottes et pantalon long sont de rigueur.

Profitez de la balade, même sans cueillette

Observer les champignons, c'est aussi une belle excuse pour explorer la vallée autrement. Les sentiers autour du Casset, du col du Lautaret ou de la vallée de la Guisane offrent une immersion dans une nature riche et préservée, ponctuée de surprises à chaque détour.

Et si vous souhaitez aller plus loin, des sorties nature accompagnées et des stages de découverte des plantes et champignons sauvages sont proposés au printemps dans le Briançonnais — l'occasion idéale d'apprendre à lire le terrain avec des guides expérimentés, en toute sécurité.

Serre Chevalier , c'est aussi une destination de découverte printanière, où la nature, encore sauvage et authentique, se dévoile sous un nouveau jour. Alors ouvrez l'œil, chaussez vos bottes, et partez en quête de ces trésors discrets du sous-bois !

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